Marché immobilier français : reprise modérée et taux stables en 2026
Après trois années de forte contraction, le marché immobilier français retrouve un certain équilibre en 2025-2026, avec 951 000 ventes en 2025 (+12 % sur un an) et des prix des logements anciens qui se stabilisent. Les taux d’intérêt autour de 3,2 % soutiennent la reprise, tandis que la construction reste en retrait.

Gaston michelin
Agent immobilier

Prix : hausse modérée avec disparités régionales
L’observatoire PAP et Meilleurs Agents constatent une reprise timide des prix en 2025. Sur un an, les prix de l’immobilier progressent d’environ 1,6 % à 1,7 % en moyenne en France. Certaines grandes villes affichent des hausses plus nettes : Nice (+3,3 %), Toulouse (+2,1 %) ou Lyon (+1,6 %), tandis que Nantes reste en baisse (‑3,9 %). Les prix sont globalement stables dans la région parisienne et reculent en zone rurale.
L’étude SeLoger‑Meilleurs Agents reprise par Le Point montre que le prix moyen pour se loger en France s’établit à 3 134 €/m² au début de 2026 : il recule de 0,1 % en un mois mais reste en progression de +1,3 % sur un an. Cette tendance à la stagnation témoigne d’un marché en reprise mais encore fragile.
Transactions et financement : des taux qui se stabilisent
La détente des taux d’intérêt en 2024‑2025 a permis un retour des acheteurs. D’après la FNAIM, les taux des crédits immobiliers, après avoir été divisés par trois en deux ans, remontent légèrement et s’établissent autour de 3,20 % en janvier 2026. Le courtier CAFPI constate que les meilleurs dossiers obtiennent des taux autour de 2,80 % sur 15 ans et 3,00 % sur 20 ans tandis que les taux moyens se situent à 3,13 % sur 15 ans, 3,26 % sur 20 ans et 3,41 % sur 25 ans. Cette stabilisation des taux, après leur envolée de 2022‑2023, soutient la reprise des transactions.
Construction : des permis en hausse mais en retard
Le ministère de la Ville et du Logement a recensé environ 380 000 permis de construire délivrés en 2025, en hausse de 15 % par rapport à 2024, mais toujours en retrait par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Dans le détail, 132 819 permis concernent des maisons individuelles, un niveau inférieur de 29 % à la moyenne quinquennale, tandis que 246 403 permis portent sur des logements collectifs, proche des niveaux de 2019‑2024. Les mises en chantier progressent plus modestement (274 611 logements en 2025, +5 % sur un an) et restent nettement en deçà des moyennes historiques.
Perspectives : prudence et incertitudes
Malgré cette reprise, la FNAIM souligne que le climat économique et politique demeure incertain et que l’offre de logements reste insuffisante ; ces facteurs pourraient freiner la dynamique et faire stagner le pouvoir d’achat immobilier. La croissance économique modérée (PIB : +0,9 % en 2025, +1 % prévu en 2026) et l’inflation contenue autour de 1 % laissent entrevoir une évolution mesurée des prix. Les investisseurs devront également composer avec la future entrée en vigueur du statut du bailleur privé, un dispositif fiscal incitatif discuté dans le projet de loi de finances 2026, destiné à soutenir l’investissement locatif.
En résumé, le marché français aborde 2026 avec une reprise modérée : la hausse des transactions se poursuit mais à un rythme plus lent, les prix se stabilisent avec des disparités régionales, les taux de crédit restent autour de 3 % et la construction peine à rattraper son retard. Les acteurs de l’immobilier devront surveiller l’impact des nouvelles mesures réglementaires et les évolutions économiques pour ajuster leur stratégie.



