BCE : pourquoi la réunion du 29 octobre sera décisive pour le crédit immobilier
Après avoir relevé ses taux directeurs en septembre, la Banque centrale européenne se réunira à nouveau les 28 et 29 octobre. Sa décision sera particulièrement suivie par le marché immobilier, car les conditions monétaires influencent indirectement le coût du crédit et donc la capacité d'achat des ménages.

Hadrien Celarie
Co-fondateur

La BCE vient déjà de durcir sa politique
Le 10 septembre, la Banque centrale européenne a augmenté ses trois principaux taux directeurs de 25 points de base.
Depuis le 16 septembre, le taux de dépôt est fixé à 2,50 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %.
La prochaine réunion consacrée à la politique monétaire aura lieu les 28 et 29 octobre, suivie d'une conférence de presse.
Cette échéance arrive donc seulement quelques semaines après le changement de politique de septembre.
Pourquoi cela concerne directement l'immobilier
La BCE ne fixe pas le taux du crédit immobilier proposé par une banque française.
La transmission est plus complexe.
Les établissements bancaires déterminent leurs taux en fonction de plusieurs facteurs : leurs coûts de financement, l'évolution des taux obligataires, leurs marges, le risque de crédit et la concurrence commerciale.
Mais la politique monétaire de la BCE participe à cet environnement.
Lorsque les conditions monétaires deviennent plus restrictives, le financement bancaire peut devenir plus coûteux. Les taux immobiliers peuvent alors subir une pression à la hausse.
Pour un acquéreur, quelques dixièmes de point supplémentaires peuvent réduire le capital qu'il est capable d'emprunter pour une mensualité donnée.
Le mécanisme devient alors immobilier :
coût du crédit plus élevé → capacité d'emprunt plus faible → diminution de la demande solvable à prix constant → négociations potentiellement plus importantes → pression possible sur certains prix.
Il ne s'agit pas d'une mécanique automatique. Dans un secteur présentant une forte demande et une offre très faible, les prix peuvent mieux résister.
Trois scénarios sont possibles
Le premier serait une nouvelle hausse des taux directeurs. Elle renforcerait le signal envoyé en septembre et pourrait accroître les anticipations de taux durablement élevés.
Le deuxième serait un maintien des taux, accompagné d'un discours toujours prudent sur l'inflation.
Le troisième serait également un maintien, mais avec un discours suggérant que la BCE juge le niveau actuel des taux suffisant.
Ce dernier scénario pourrait être interprété différemment par les marchés financiers.
La BCE rappelle elle-même qu'elle décide réunion après réunion et qu'elle ne s'engage pas à l'avance sur une trajectoire précise.
L'inflation sera au centre de la décision
La difficulté vient notamment de l'accélération récente des prix dans la zone euro.
Selon l'estimation flash d'Eurostat, l'inflation annuelle est remontée à 3,8 % en septembre, contre 3,2 % en août.
Cette hausse est principalement portée par l'énergie, dont les prix augmenteraient de 18,8 % sur un an.
La BCE doit donc arbitrer entre deux risques : laisser une inflation élevée s'installer durablement, ou durcir excessivement le financement de l'économie.
Ce que les acquéreurs doivent réellement surveiller
La décision de la BCE n'est qu'une première étape.
Pour le particulier, l'indicateur réellement déterminant sera ensuite l'évolution des barèmes des banques françaises.
Une hausse des taux BCE ne signifie donc pas que le taux immobilier augmentera le lendemain du même montant.
Mais elle peut modifier l'environnement dans lequel les banques construisent leurs offres.
Ce qu'il faut retenir
La BCE a relevé ses taux de 0,25 point en septembre.
Sa prochaine décision interviendra le 29 octobre.
Les taux BCE influencent indirectement les conditions de crédit immobilier.
Une politique monétaire plus restrictive peut réduire la capacité d'achat.
Il faudra surtout surveiller ensuite la réaction des banques françaises.





