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4 août 2026
5 min

DPE 2026 : pourquoi certains logements électriques peuvent désormais gagner une classe énergétique

Depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique a évolué. En abaissant le coefficient appliqué à l’électricité, cette réforme améliore automatiquement le classement de certains logements chauffés à l’électrique. Pour les propriétaires, les conséquences peuvent être importantes, notamment en matière de location et de vente.

Hadrien Celarie

Hadrien Celarie

Agent immobilier

DPE 2026 : pourquoi certains logements électriques peuvent désormais gagner une classe énergétique

Une nouvelle méthode de calcul entrée en vigueur en 2026

Depuis le début de l’année, certains propriétaires peuvent constater une amélioration du diagnostic de performance énergétique de leur logement sans avoir entrepris de travaux.

Cette évolution résulte d’une modification du coefficient utilisé pour convertir l’électricité consommée dans un logement en énergie primaire. Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9, conformément à l’arrêté du 13 août 2025 publié au Journal officiel.

Concrètement, lorsqu’un logement consomme 1 kilowattheure d’électricité, le calcul du DPE considère désormais que cette consommation correspond à 1,9 kilowattheure d’énergie primaire, contre 2,3 auparavant. Cette évolution rapproche la méthode française de la valeur de référence européenne.

Le changement concerne les diagnostics de performance énergétique, mais également les audits énergétiques réglementaires. Les documents établis depuis le 1er janvier 2026 intègrent automatiquement le nouveau coefficient.

Source : arrêté du 13 août 2025 publié sur Légifrance.

Pourquoi les logements électriques étaient-ils pénalisés ?

Le DPE ne se fonde pas uniquement sur la quantité d’énergie effectivement livrée et consommée dans le logement. Il tient également compte de l’énergie dite « primaire », c’est-à-dire de l’énergie nécessaire à la production et à l’acheminement de celle qui sera finalement utilisée par l’occupant.

Jusqu’à la fin de l’année 2025, chaque kilowattheure d’électricité consommé était donc multiplié par 2,3 dans le calcul de la consommation conventionnelle du logement. Pour le gaz, le bois et les autres énergies, le coefficient retenu est égal à 1.

Ce mécanisme pouvait défavoriser certains logements chauffés à l’électricité, notamment les petites surfaces, même lorsque leurs émissions de gaz à effet de serre restaient relativement faibles.

Avec un coefficient désormais fixé à 1,9, la consommation d’énergie primaire calculée pour ces logements diminue mécaniquement. Leur classement peut donc s’améliorer, à condition que l’étiquette énergétique constitue bien le facteur limitant du diagnostic.

Le classement final du DPE correspond en effet au moins bon résultat obtenu entre la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Une baisse du coefficient électrique ne garantit donc pas systématiquement un changement de classe.

Source : ministère de la Transition écologique – évolution du calcul du DPE.

Jusqu’à 850 000 logements pourraient sortir du statut de passoire énergétique

Selon l’estimation communiquée par le ministère de la Transition écologique, environ 850 000 logements chauffés principalement à l’électricité pourraient sortir des classes F ou G grâce à cette nouvelle méthode de calcul.

Cette estimation a été établie à partir de la situation du parc de résidences principales au 1er janvier 2023, qui comptait alors environ 4,8 millions de passoires énergétiques. Elle ne signifie donc pas que 850 000 logements ont déjà effectivement changé de classe : chaque diagnostic doit être recalculé individuellement.

Les biens les plus susceptibles d’être concernés sont notamment :

  • les logements chauffés principalement à l’électricité ;

  • les appartements équipés de radiateurs électriques ou d’une pompe à chaleur ;

  • certains studios et petites surfaces ;

  • les biens précédemment situés à proximité du seuil séparant deux classes énergétiques ;

  • les logements classés E, F ou G en raison de leur consommation d’énergie primaire.

À l’inverse, un logement très mal isolé ne deviendra pas automatiquement performant. La réforme modifie une convention de calcul, mais elle ne réduit ni les besoins réels en chauffage ni la consommation figurant sur les factures de l’occupant.

Source : ministère de la Transition écologique – impact attendu sur les passoires énergétiques.

Comment savoir si son logement bénéficie du nouveau calcul ?

Les propriétaires n’ont pas nécessairement besoin de commander un nouveau diagnostic.

Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 et encore valides peuvent faire l’objet d’un recalcul automatique. Lorsque la nouvelle méthode améliore l’étiquette du logement, une attestation peut être téléchargée gratuitement sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

La démarche s’effectue en quatre étapes :

  1. se rendre sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe ;

  2. rechercher le diagnostic à l’aide de son numéro à 13 caractères ;

  3. vérifier si une nouvelle étiquette est disponible ;

  4. télécharger l’attestation et la conserver avec le DPE initial.

L’attestation ne remplace pas l’intégralité du diagnostic. Elle doit être jointe au DPE d’origine afin de justifier le nouveau classement, notamment dans le cadre d’une mise en vente ou d’une mise en location.

Si aucune attestation n’est proposée, cela signifie que le nouveau coefficient n’entraîne pas de changement d’étiquette pour le logement concerné. Il reste néanmoins possible que la consommation conventionnelle calculée ait diminué sans être suffisante pour franchir le seuil de la classe supérieure.

Source : ministère de la Transition écologique – procédure de téléchargement de l’attestation.

Des conséquences importantes pour les propriétaires bailleurs

L’enjeu dépasse largement la simple présentation du logement dans une annonce immobilière. Le classement énergétique détermine désormais la possibilité de mettre certains biens en location.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont considérés comme non décents en France métropolitaine. Cette règle s’applique aux contrats de location signés, renouvelés ou reconduits tacitement depuis cette date.

Le calendrier réglementaire prévoit ensuite :

  • à compter du 1er janvier 2028, un logement devra être classé entre A et E pour être considéré comme décent ;

  • à compter du 1er janvier 2034, il devra être classé entre A et D.

Un logement qui passe de G à F grâce au recalcul peut donc, sous réserve du respect de l’ensemble des autres critères de décence, ne plus être concerné par l’exclusion énergétique applicable depuis 2025. De la même manière, le passage de F à E peut modifier la situation d’un bien à l’approche de l’échéance de 2028.

La nouvelle attestation doit néanmoins être obtenue avant de présenter le logement sous sa nouvelle classe énergétique.

Source : Service-Public – interdiction progressive de location des passoires thermiques.

Quel effet sur la vente d’un logement ?

Lors d’une vente, le DPE participe à l’information de l’acquéreur et doit apparaître dans l’annonce immobilière. Une nouvelle étiquette peut donc modifier la manière dont le bien est présenté et apprécié par les candidats à l’acquisition.

Il serait toutefois imprudent d’en déduire une augmentation automatique de sa valeur. Le prix d’un logement dépend également de son emplacement, de son état général, de la qualité de l’immeuble, des charges, des travaux à prévoir et de la situation du marché local.

Par ailleurs, une amélioration administrative du DPE ne doit pas masquer les éventuelles faiblesses du bien : isolation insuffisante, fenêtres anciennes, ventilation défaillante ou équipements de chauffage peu performants. Pour un acquéreur comme pour un propriétaire, l’analyse doit donc porter sur l’ensemble du diagnostic et pas uniquement sur la lettre affichée.

Une vérification devenue indispensable avant toute vente ou location

La réforme du DPE constitue une évolution favorable pour une partie du parc immobilier chauffé à l’électricité. Elle peut permettre à certains propriétaires de retrouver une capacité de location, de mieux présenter leur bien à la vente ou d’adapter leur programme de rénovation.

Elle ne dispense cependant pas d’une analyse précise de la situation du logement. Le nouveau classement doit être vérifié sur le site officiel de l’Ademe et l’attestation correspondante doit être jointe au diagnostic initial.

Avant de vendre, de louer ou d’engager des travaux, il est donc recommandé de vérifier la validité du DPE, de télécharger l’éventuelle attestation actualisée et d’étudier les améliorations qui restent réellement nécessaires.

LGH Patrimoine accompagne les propriétaires dans l’analyse de leur bien, sa mise en vente, sa mise en location et sa gestion, en tenant compte des évolutions réglementaires et des caractéristiques propres à chaque logement.

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