Loi « anti-squat » : ce qui change en 2026 (et ce que propriétaires & locataires doivent comprendre)
Depuis plusieurs années, l’occupation illégale de logements plus communément appelée squat est devenue un sujet sensible en France. De nombreux propriétaires se sont retrouvés confrontés à des situations complexes, avec des procédures longues pour récupérer leur bien, parfois au prix de lourdes pertes financières. Pour répondre à cette problématique, le législateur a adopté une réforme majeure : la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, dite dans les médias « loi anti-squat » ou « loi Kasbarian-Bergé ». En 2026, cette loi est pleinement applicable et continue de produire des effets concrets : sanctions renforcées, expulsions accélérées, et protection renforcée du droit de propriété. Dans cet article, LGH Patrimoine vous explique clairement ce que cette loi change réellement et comment réagir en cas de squat.

Hadrien Celarie
Agent immobilier

1) Qu’est-ce qu’un squat, juridiquement ?
Le squat correspond à l’occupation d’un logement ou d’un local sans droit ni titre, c’est-à-dire sans autorisation du propriétaire, et souvent après une intrusion illégale.
Il peut s’agir :
d’une résidence principale,
d’une résidence secondaire,
d’un logement vacant,
ou même d’un local professionnel.
⚠️ Point important : un locataire en impayé n’est pas un squatteur.
Un locataire a un contrat de bail : les procédures juridiques sont donc différentes.
2) Des sanctions beaucoup plus lourdes depuis la loi anti-squat
L’un des grands changements introduits par la loi de 2023 concerne les sanctions pénales.
Désormais, l’occupation illégale d’un logement est punie jusqu’à :
3 ans de prison
45 000 € d’amende
Ces sanctions sont destinées à rendre le squat beaucoup plus dissuasif et à limiter les abus constatés ces dernières années.
📌 Référence officielle : Loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 (Légifrance).
3) Une expulsion plus rapide grâce à la procédure administrative
Avant la réforme, un propriétaire devait souvent engager une procédure judiciaire longue, pouvant durer plusieurs mois, parfois plus d’un an.
Depuis la loi anti-squat, une procédure administrative accélérée est renforcée et plus clairement encadrée.
Concrètement, comment cela fonctionne ?
Lorsqu’un logement est squatté, le propriétaire peut :
Faire constater l’occupation (police, gendarmerie ou commissaire de justice).
Déposer une plainte.
Saisir le Préfet du département.
Le Préfet peut ensuite mettre en demeure les occupants de quitter les lieux.
En cas de refus, l’expulsion peut être mise en œuvre par les forces de l’ordre.
Cette procédure est aujourd’hui considérée comme l’un des leviers les plus efficaces pour récupérer rapidement un logement occupé illégalement.
📌 Analyse explicative (2026) : évolution de la procédure d’expulsion des squatteurs.
4) Trêve hivernale : une règle essentielle à comprendre
Beaucoup de propriétaires pensent que la trêve hivernale empêche toute expulsion.
En réalité, la loi clarifie un point fondamental :
✅ la trêve hivernale ne protège pas les squatteurs.
L’expulsion d’un squatteur peut intervenir à n’importe quel moment de l’année.
En revanche :
un locataire en impayé, lui, peut bénéficier de la trêve hivernale selon les cas, car il relève d’une procédure judiciaire distincte.
📌 Source explicative (assurance et droit immobilier) : application de la loi et distinction squat / bail.
5) Squat vs impayés : la confusion la plus fréquente
La loi anti-squat a parfois été critiquée car certains ont pensé qu’elle visait aussi les locataires en difficulté.
Il faut donc distinguer deux situations :
🔹 Cas n°1 : squat
Aucune autorisation du propriétaire
Aucun bail valide
Intrusion et occupation illégale
➡️ Procédure administrative possible (Préfet)
🔹 Cas n°2 : locataire en impayé
Bail signé
Occupation initialement légale
Dettes locatives éventuelles
➡️ Procédure judiciaire obligatoire
Cette distinction est essentielle car les droits et protections ne sont pas les mêmes.
📌 Analyse juridique : différence squat / impayés et impacts pratiques.
6) Ce que la loi change concrètement pour les propriétaires en 2026
Pour les propriétaires bailleurs, investisseurs ou héritiers, cette réforme apporte plusieurs avantages majeurs :
✅ Une meilleure protection du droit de propriété
Le squat est désormais traité comme une atteinte grave au droit de propriété.
✅ Une procédure plus rapide
La voie administrative permet d’éviter certaines lenteurs judiciaires.
✅ Une dissuasion renforcée
Les sanctions pénales plus lourdes peuvent réduire les risques d’occupation illégale.
✅ Une meilleure lisibilité juridique
La loi clarifie les mécanismes d’expulsion et les responsabilités.
📌 Source : présentation officielle et texte légal sur Légifrance.
7) Les bons réflexes à adopter en cas de squat (Conseils LGH Patrimoine)
Si vous découvrez une occupation illégale, il est crucial d’agir immédiatement.
🔥 Les étapes recommandées :
Ne jamais tenter d’expulser soi-même (risque pénal important).
Faire intervenir un commissaire de justice ou la police pour constater.
Déposer plainte rapidement.
Constituer un dossier complet (titre de propriété, taxe foncière, preuves).
Saisir le Préfet sans attendre.
Plus vous agissez vite, plus la procédure a de chances d’être rapide.
8) La loi anti-squat en 2026 : une réforme durable
En 2026, la loi anti-squat reste un texte majeur du droit immobilier français. Elle marque une évolution nette :
➡️ Le squat est désormais traité comme un délit grave.
➡️ Les procédures sont plus rapides.
➡️ La protection des propriétaires est renforcée.
➡️ La trêve hivernale ne doit plus être un refuge pour l’occupation illégale.
Cette réforme répond à une réalité : un bien immobilier représente souvent une vie d’épargne, un héritage ou un investissement structurant. Le droit français a donc renforcé la protection de la propriété privée.
Conclusion : ce qu’il faut retenir
La loi dite « anti-squat » renforce clairement les droits des propriétaires en France. Elle permet une meilleure réactivité face à l’occupation illégale et met en place un cadre plus dissuasif.
Chez LGH Patrimoine, nous recommandons à tous les propriétaires et investisseurs de rester vigilants, de sécuriser leurs biens (assurance, suivi, occupation régulière) et de réagir immédiatement en cas de problème.
Sources officielles et vérifiables
Loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite (Légifrance).
Analyse juridique de l’évolution des expulsions et de l’application en 2026 (cabinet d’avocat).
Article explicatif sur la procédure et les effets concrets pour les propriétaires (assurance immobilière / professionnel).



