Marché immobilier : le point de rentrée 2026, entre reprise des ventes et prix à l'arrêt
Ventes en nette hausse en Île-de-France, prix quasi stables, pouvoir d'achat sous pression et notaires plus prudents : voici l'essentiel des derniers chiffres du marché immobilier pour comprendre où nous en sommes à la rentrée 2026, et ce que cela implique pour vendre ou acheter.

Xavier Andalaft
Agent immobilier

Un marché qui tient, mais qui plafonne
Après deux années de fort repli, le marché de l'ancien s'est stabilisé. Selon l'analyse de rentrée de SeLoger et Meilleurs Agents, environ 955 000 transactions sont attendues en 2026, un volume comparable à celui de 2025. Il manque encore 50 000 à 70 000 ventes pour retrouver le rythme « normal » d'un million de transactions par an.
Côté prix, la stabilité domine : les prix sont stables sur un an au niveau national, stagnent à Paris et reculent légèrement (-0,4 %) dans les dix plus grandes villes de province. Les écarts sont réels d'une métropole à l'autre : +2,6 % à Bordeaux, +2,5 % à Rennes, mais -1,4 % à Nice, -2,1 % à Nantes et -2,2 % à Montpellier. Les zones rurales progressent quant à elles de 3,1 %.
Source : Meilleurs Agents.
Île-de-France : les ventes repartent nettement
Les Notaires du Grand Paris ont publié le 10 septembre leur bilan du deuxième trimestre. Avec 31 750 ventes, l'activité progresse de 10 % sur un an en Île-de-France : 23 070 appartements (+11 %) et 8 680 maisons (+8 %). La reprise est particulièrement nette à Paris, où les volumes bondissent de 20 %, contre +11 % en petite couronne et +4 % en grande couronne.
Les prix, eux, restent sages :
Paris : 9 560 €/m² en moyenne pour un appartement ancien, soit +0,6 % sur un an
Appartements en Île-de-France : 6 130 €/m², +0,3 % sur un an
Maisons en Île-de-France : 320 000 € en moyenne, -1,5 % sur un an
Les notaires parlent d'une « reprise lente », avec des avant-contrats en amélioration depuis le début de l'été, mais une dynamique qui dépendra largement de l'évolution des taux. Source : Immo Matin / Notaires du Grand Paris.
Le pouvoir d'achat, principal frein de la rentrée
La remontée des taux de crédit, désormais autour de 3,5 à 3,65 % sur 20 ans selon les baromètres, rogne la capacité d'achat des ménages. Selon Meilleurs Agents, la surface finançable a reculé d'environ 11 m² par rapport à 2020. La demande reste pourtant présente : elle se situe 12 % au-dessus de son niveau de début 2021.
Les notaires se montrent plus prudents : dans leur dernier baromètre, 60 % d'entre eux anticipent une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Ils relèvent des délais de vente qui s'allongent, davantage de dossiers de financement refusés ou revus à la baisse, et un stock de biens en hausse, alimenté en partie par des bailleurs qui vendent. Ils distinguent trois situations : une érosion limitée dans les métropoles tendues où l'offre est rare, une correction progressive dans les villes moyennes équilibrées, et des baisses marquées dans les zones détendues pour les biens mal classés au DPE (JeChange).
Locatif : des loyers qui accélèrent
La tension locative s'accentue : les loyers progressent de 2,6 % sur un an au niveau national, contre environ 1 % auparavant, et l'offre locative parisienne reste environ 30 % sous son niveau d'avant-Covid. Dans le neuf, la crise se prolonge avec 15 000 à 16 000 réservations de logements collectifs par trimestre, soit moitié moins qu'avant la pandémie. Autant de facteurs qui soutiennent la valeur des logements anciens bien situés.
Quelles perspectives pour 2027 ?
SeLoger et Meilleurs Agents esquissent deux scénarios. Dans le plus favorable, le marché atteindrait 980 000 à 1 million de transactions, avec des prix en hausse de 2 à 3 %. Dans le scénario défavorable, lié à une poursuite de la hausse des taux, les ventes retomberaient entre 900 000 et 930 000, avec des prix stables. L'évolution de l'OAT à 10 ans et des barèmes bancaires dans les prochains mois sera déterminante.
Ce que cela signifie pour vous
Si vous vendez, le prix affiché dès la mise en vente est décisif : dans un marché où les acheteurs comparent et négocient, un bien surévalué s'enlise rapidement et finit souvent vendu en dessous de sa valeur. Un dossier complet (diagnostics, DPE, documents de copropriété) rassure les acquéreurs et leur banque.
Si vous achetez, la période offre des marges de négociation, notamment sur les biens à rénover ou affichés depuis plusieurs semaines. Dans les quartiers les plus recherchés de Paris et de l'Ouest parisien, les biens de qualité restent rares et se vendent vite : avoir son financement prêt permet de se positionner sans attendre.
Pour aller plus loin, retrouvez notre analyse Paris 2026 : où les prix augmentent, stagnent ou baissent, ou demandez une estimation de votre bien à l'équipe LGH Patrimoine.